«Boeckie», la tête aux pavés

«Boeckie», la tête aux pavés

Privé d’Enfer du Nord l’an passé après avoir chuté la veille de la course, Kris Boeckmans sera bien au départ de Paris-Roubaix, dimanche, pour la 117e édition de la Reine des Classiques. Flamand pure souche, élevé au pavé, le Belge de 32 ans salive à la veille du grand jour…

 

  • Comment te sens-tu à quelques heures de ton 4e Paris-Roubaix ?

La veille de «Roubaix» est toujours une journée particulière, pas facile à vivre. Beaucoup de choses nous passent par la tête. C’est un jour presque off en termes d’investissement physique mais, mentalement, on est déjà tourné vers la course. 1h30 de vélo le matin, pas plus, des heures sur ton lit sans pouvoir dormir et en essayant d’économiser un maximum d’énergie… On fait tout pour être dans les meilleures conditions à l’heure de prendre le départ, en ne pensant qu’à cela.

 

  • Quel sentiment prédomine : Excitation, motivation, appréhension ?

Un peu de tout cela mais certainement pas de peur. Dès l’intersaison, je pense à cette période des classiques. C’est sur ces courses flandriennes que je veux donner ma pleine mesure et l’essentiel est d’y arriver au top de sa forme juste à temps, sans contretemps dans la préparation. Cela commence à la mi-novembre et cela dure six mois. Cet hiver, j’ai été malade uniquement deux jours, juste avant l’Etoile de Bessèges. Jusqu’ici, tout s’est déroulé comme je le souhaitais.

 

  • Paris-Roubaix est l’obsession de Bert De Backer, le leader des Men in Glaz pour dimanche. C’est aussi la tienne ?

Mon obsession est davantage cette période, ces deux semaines entre le Tour des Flandres et le Tro Bro Leon, lundi de Pâques. Le GP de l’Escaut, qui s’est déroulé mercredi dernier (NDLR : il y a terminé 6e), compte aussi beaucoup pour moi, qui suis originaire d’Anvers. Il y a beaucoup d’autres courses dans la saison mais ces deux semaines-là sont sacrées, avec de vraies possibilités de faire un résultat. C’est tellement spécial… Ma hantise dans les courses qui précèdent cette quinzaine reste de tomber. Imagine une chute aux Trois Jours de la Panne… ta période phare se retrouve compromise ou anéantie. Il ne faut pas que cela arrive.

 

  • En quoi considères-tu Paris-Roubaix comme une course particulière ?

Du départ à l’arrivée, c’est du stress non-stop. Beaucoup de stress. A Roubaix, l’échappée matinale met une heure ou deux à se former. Des attaques, des attaques et encore des attaques… Si tu veux en faire partie, il faut dépenser une énergie folle. Et si tu veux faire la course au sein du peloton pour rester au contact des meilleurs, c’est aussi une succession d’accélérations, de coups de frein, de sprints avant les secteurs pavés pour rester placé. On ne s’imagine pas à quel point c’est usant, fatiguant. Les dix minutes qui précèdent l’entrée sur chaque secteur pavé sont encore plus exigeantes que les secteurs eux-mêmes. Etre sur les pavés devient presque un soulagement.

 

  • Quelle relation nourris-tu avec ces pavés, éléments indissociables de l’Enfer du Nord ?

J’aime les pavés, ils ont toujours fait partie de ma vie, de mon environnement. Je les aimais déjà avant d’être coureur cycliste. C’est une sensation indescriptible de rouler dessus mais je les évite toujours à l’entraînement. Je pense que le plus important est d’être prêt psychologiquement à aller courir sur les pavés. Si tu es prêt dans la tête, que tu en as envie, tu as fait le plus dur.

 

  • Quel grands souvenirs gardes-tu de tes trois participations à Paris-Roubaix ?

On n’oublie jamais son premier «Roubaix». Le mien restera à jamais comme une magnifique expérience. Du public partout, ma première traversée de la Trouée d’Arenberg noire de monde… Un moment inoubliable, très marquant. Traverser cette forêt en course, c’est vraiment fou. Pour moi, Flamand, disputer Paris-Roubaix est aussi fort que participer au Ronde. Lors de ma première participation, en 2012, j’avais fini hors-délai et les portes du vélodrome étaient fermées quand je m’y étais présenté. J’ai dû les ouvrir pour terminer la course sur la piste. J’y tenais, et tant pis si je ne figurais pas au classement.

 

  • A quoi rêves-tu pour dimanche ?

Sans crevaison, ni chute, nous sommes nombreux à pouvoir espérer finir devant. C’est ce que j’espère pour demain. Pour moi ou pour un autre du club. L’an passé, Bert était encore là, au contact du premier groupe, dans le secteur de Mons-en-Pevèle où il cède quelques mètres. Ce secteur est terrible et le faux-plat montant placé à sa sortie est une horreur. Ce n’est qu’un pont à monter mais quand tu y arrives après plus de 200 km vécus à une telle intensité, c’est comme un col hors-catégorie. Une épreuve. J’espère que dimanche, à cet endroit, l’un de nous sera encore avec les meilleurs pour disputer le final.

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