Et à la fin… Bert fait encore Top 20 !

Et à la fin… Bert fait encore Top 20 !

La 117e édition de Paris-Roubaix a été fidèle à la légende de l’Enfer du Nord. Courue sans temps mort et marquée par les chutes et incidents, la Reine des Classiques n’a pas épargné des Men in Glaz courageux et fiers de finir leur périple sur le mythique vélodrome. La course a également confirmé ce que l’ensemble du Vital Concept-B&B Hotels savait déjà : Bert De Backer, auteur de son 4e Top 20 sur les pavés nordistes, est bel et bien notre «Monsieur Paris-Roubaix».

 

Des visages marqués, poussiéreux, des soupirs et des râles qui en disent beaucoup. Sur la pelouse du vélodrome roubaisien, les Glaz et Noir se suivent et se ressemblent tous. Au bout d’eux-mêmes ils sont allés et jamais ils n’oublieront leur Paris-Roubaix 2019. Assis au centre de la piste, têtes baissées et souffle court, les membres du club aimeraient refaire la course avec les copains, comme chaque dimanche ou presque, mais l’énergie leur manque. Déçu, Kris Boeckmans peut l’être particulièrement. Après avoir réussi à se glisser dans la seule échappée qui aura pris un peu de champ à l’approche du premier secteur pavé de la journée, le Flamand a été victime d’une crevaison au moment où une contre-attaque de choix arrivait en renfort.

 

Les crevaisons font partie de l’Enfer du Nord et tous les Men in Glaz (Corentin, Bert, Kris, Jonas, Jimmy, Jérémy et Julien) en auront déploré au moins une sur les 257 km du parcours. Certaines sont intervenues alors que la course était décantée. D’autres bien plus tôt, avec une réelle influence sur la suite de l’épreuve.

 

«Il y aura un autre dans 366 jours !» 

Après avoir mis longtemps à récupérer de ses efforts, Bert De Backer est revenu sur sa journée, qu’il avait inscrite dans son cerveau depuis sa 21e place de l’an passé. A 35 ans, le plus expérimenté des Glaz et Noir a passé les 240 premiers kilomètres de la course aux avant-postes du peloton, avant de lâcher prise dans le célèbre Carrefour de l’Arbre, à 16 km de l’arrivée.

Arrivé pour la 16e place et finalement 20e, le Belge ne masquait pas sa déception du moment, qu’il tempèrera probablement dans les prochains jours. «Comme chaque année, Paris-Roubaix fut une petite guerre et je suis déjà triste qu’elle soit finie, confiait-il dans un sourire mâtiné de mélancolie. Le point positif, c’est qu’il y en aura un autre dans 366 jours et je tâcherai d’y être. Ces dix derniers jours, j’avais peut-être le meilleur niveau que je n’aie jamais eu et voir mes coéquipiers dépenser tellement d’énergie pour prendre la première échappée du jour m’a donné un surplus d’envie.»

 

Invité à revenir sur le scenario du jour, «BDB» n’en oubliait pas une miette : «J’ai malheureusement crevé dès le premier secteur, où Coco (Ermenault) m’a donné sa roue. Ensuite, j’ai eu peur de crever à nouveau, je n’étais pas super libéré sur les pavés. Le début de course a été très rapide et j’ai eu du mal à me ravitailler comme je l’aurais voulu. J’ai aussi perdu pas mal de bidons et, si je n’ai jamais été vraiment à sec, cela m’a un peu manqué. Je n’ai jamais réussi à entrer dans le «flow», que je recherche tant à Roubaix, sans doute parce que le peloton est longtemps resté fourni. Là, il fallait davantage batailler pour rester à l’avant et cela m’a couté beaucoup d’énergie.»

 

Les yeux rougis par une fatigue intense, celui qui disputait son 10e Paris-Roubaix parvenait à analyser avec clairvoyance sa performance du jour : «Je ne suis pas du genre à dire « j’avais les jambes pour faire mieux, je méritais mieux, etc…» car quand tu termines à une place, c’est que tu la mérites. Mais là, je finis frustré et déçu même si, dans quelques jours, je serai peut-être satisfait –pour moi et pour l’équipe- d’avoir réussi un nouveau Top 20. J’avais le Top 10 dans les jambes et c’est de ma faute si j’ai lâché quelques mètres dans le Carrefour de l’Arbre…»

 

Un arrière-gout d'inachevé pour les Men in Glaz

 

Au pied du bus du club où le public allait rester de longues minutes après l’arrivée des guerriers, le directeur sportif Jimmy Engoulvent livrait sa vision de la course. Riche en enseignements et vécue de l’intérieur. «Nous avons été solides et très volontaires pour prendre l’échappée, soulignait l’ancien spécialiste de la Reine des Classiques. Malheureusement, et comme beaucoup d’autres équipes, nous avons été victimes de plusieurs pépins. Nous avons perdu beaucoup de coureurs sur ennui mécanique mais Bert a une nouvelle fois démontré toutes ses qualités et sa volonté sur cette course si particulière. L’an passé, il lui avait manqué quelques mètres à la sortie de Mons-en-Pevèle. Là, ce fut au Carrefour de l’Arbre. Il faut continuer à travailler pour revenir plus forts et aller chercher des résultats encore meilleurs.»

 

Comme Bert, Jimmy gardait un goût d’inachevé au terme de ce long combat. «Il pouvait terminer dans les dix premiers et sa 20e place est presque frustrante. Avec 7 degrés au thermomètre et un début de course si intense, c’est guère étonnant qu’il ne se soit jamais senti vraiment confortable. Nos trois «anciens» Bert, Kris et Jonas ont très bien tenu la baraque et nos jeunes ont encore appris sur les pavés, même s’ils ont été éliminés sur crevaison ou ennui mécanique. Ces pépins font partie de Paris-Roubaix et, même s’ils aiment les pavés et semblent faits pour réussir un jour sur ces routes, ils savent qu’il faut passer par là pour viser plus haut.»

 

Fourbus mais fiers, les Men in Glaz ont pris le chemin de leur domicile… ou de Paris-Camembert, que le club disputera mardi avec, dans ses rangs Corentin et Jérémy, qui ont tous deux terminé Paris-Roubaix pour la première fois de leur jeune carrière. Des courbatures les attendent à coup sûr. De beaux souvenirs et plein de belles choses à raconter plus tard, aussi. Sans oublier la prochaine échéance pour ces amoureux des courses atypiques : lundi prochain, les ribines du Finistère accueilleront les Men in Glaz. Place au Tro Bro Leon, le fameux Paris-Roubaix breton !

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