Patrick Müller, vainqueur au millimètre !

Pour 2 millièmes de seconde, le Suisse Patrick Müller a remporté ce samedi sa première victoire professionnelle sur le Tour du Limbourg. Un aboutissement pour cet infatigable travailleur, et la récompense d’un admirable travail collectif fourni par l’ensemble du Vital Concept –B&B Hotels sur les reliefs néerlandais. Quentin Pacher, 4e, vient parachever une journée quasi parfaite.

 

«C’est trop d’émotions en même temps… Je ne réalise pas.» Descendu du podium situé sur les bords de la Meuse, dans la banlieue sud de Maastricht, le très cartésien Patrick Müller avait bien du mal à comprendre ce qui venait de lui tomber sur la tête au terme des 192 km vallonnés du Tour du Limbourg. Le jeune Suisse, qui fêtera son 23e anniversaire le 18 avril prochain, venait tout simplement de s’imposer pour quelques millimètres dans cette épreuve de classe 1.1, au terme d’un sprint à deux haletant qui aura tenu en haleine spectateurs et téléspectateurs durant de longues minutes.

 

Jamais attente n’aura paru aussi longue autour d’un jury des commissaires bien en peine de départager le Français Justin Jules du prometteur Helvète. «J’avais déjà vécu une attente similaire dans mes années Espoirs, confiait « Paede ». Après la ligne, Jules m’a dit «je crois que c’est toi qui as gagné. » Moi, je pensais l’inverse et on a attendu vraiment longtemps le verdict de la photo-finish… Même avant de monter sur le podium, je ne savais toujours pas si j’avais gagné.» C’était pourtant vrai : au terme d’un interminable sprint sur les pavés de la Diepstraat, c’était bien lui, l’enfant de Schaffhausen, petite ville nichée à la frontière suisso-allemande, au nord de Zürich, qui avait franchi la ligne d’arrivée en tête.

 

L'individu au service du collectif Glaz !

 

Attendu par tout un Club depuis l’an passé déjà, ce succès du jeune talent suisse vient conclure une journée au cours de laquelle les Men in Glaz auront couru juste, solidaires et volontaires. «Tout le monde a pris un coup sur la tête lorsqu’Arthur (Vichot) est tombé après 85 km, avoue Gilles Pauchard, le directeur sportif du Club sur l’épreuve. Comme Arthur, Quentin (Pacher) et Patrick étaient nos coureurs protégés et, une fois Arthur hors-course, ils ont su faire parler leur tempérament et leur excellente condition.»

 

Bien aidés par leurs équipiers depuis le début de la journée, « Papach’ » et Paede ont en effet travaillé l’un pour l’autre dans un final à suspense, où Quentin fut le premier à se glisser dans une échappée, à 35 km de l’arrivée. «J’y suis allé car, avec Max (Cam), nous étions trois Glaz dans un groupe de quarante et il fallait tenter notre chance», explique Quentin. Accompagné de deux coureurs, Quentin résistait jusqu’à 20 kilomètres de l’arrivée, avant que Patrick ne se glisse dans le coup suivant, accompagné du Belge Ben Hermans et de Justin Jules. «J’ai d’abord voulu m’assurer que le groupe de Patrick avait pris assez de champ, détaille Quentin, sorti en contre-attaque sans passer de relai afin de protéger les intérêts de son équipier suisse. Une fois le feu vert donné par Gilles, j’ai pu collaborer. Nous avons fait le trou sur le peloton et, avec deux coureurs sur cinq dans le final, nous aurions été dans une situation idéale.» Paede n’aura finalement pas eu besoin du retour de son équipier pour s’imposer. «Notre surnombre a payé, conclut Quentin. En me sachant lancé en contre-attaque, il a pu s’économiser un peu et sa victoire récompense tout le monde, en particulier lui-même. Patrick mérite amplement cette victoire. C’est un énorme travailleur, talentueux, brillant sur et en dehors du vélo. Je m’entends très bien avec lui. Malgré son jeune âge, il est très mature, cultivé et possède un recul extraordinaire sur les choses.»

 

«Il fallait oser !»

 

La victoire de Patrick Müller sur les routes du Limbourg sonne comme l’avènement d’un coureur au parcours riche, polyglotte (il parle couramment l’Allemand, l’Anglais, le Français et l’Italien et se débrouille en Espagnol) et déjà revenu de plusieurs désillusions. Opéré de l’artère iliaque l’an passé au terme d’une campagne de classiques riche et prometteuse (pour son année de néo-pro, il avait disputé le Het Nieuwsblad, le GP E3, Gand-Wevelgem, le Tour des Flandres, la Flèche Brabançonne, l’Amstel Gold Race et la Flèche Wallonne), Paede était revenu en bonne condition pour la fin de saison, terminée en apothéose aux Championnats du Monde Espoirs (9e après un travail colossal en faveur de l’équipe nationale suisse, sacrée grâce à Marc Hirschi).

 

«Une première victoire chez les pros, c’est quelque chose d’exceptionnel, s’extasiait le vainqueur du jour pas encore descendu de son nuage. En début de saison, j’avais déclaré que je voulais être capable de jouer pour la gagne dans le final de certaines courses. Là, je gagne et c’est quelque chose que je porterai à jamais en moi. Je la garderai à vie. Aujourd’hui, j’avais de super jambes, au même niveau qu’en fin de saison passée. Il fallait oser, nous l’avons fait et cette victoire est collective. Voir Maxime Cam revenir me donner un bidon en pleine ascension, alors que le rythme était élevé, m’a donné une énergie incroyable. J’y ai pensé jusqu’aux derniers kilomètres. Quand tu vois de tels gestes, tu y penses longtemps et tu as encore plus envie de conclure le travail.»

 

Voici le travail conclu et les esprits Glaz libérés, au soir de la 4e victoire du Club en 2019 (après les succès de Lorrenzo Manzin au Gabon et celui de Bryan Coquard à Bessèges). Prévu sur la campagne des classiques ardennaises, le vainqueur Müller disputera la semaine prochaine le Circuit Sarthe – Pays de la Loire, de mardi à vendredi. Il y retrouvera ceux qui l’ont épaulé aux Pays-Bas et d’autres Men in Glaz déjà impatients de féliciter le jeune homme de vive voix.

Nos partenaires

Vous êtes dirigeant d’entreprise et souhaitez basculer du côté glaz de la Force ? Contactez-nous sans plus attendre : tdesmasures@pce.bike / 06.32.45.28.84